Contre l’exploitation animale dans les cirques

Accompagnement musical proposé : Alegria – Cirque du Soleil
Accompagnement gustatif proposé : Petit-déjeuner du Tigre

Il n’aura échappé à personne que la semaine dernière, fin Novembre, une tigresse prénommée Mevy s’est échappée du cirque dans lequel elle était maintenue avant d’être abattue par son « dresseur » (sic) dans la rue. Le personnel du cirque pense à une malveillance et a porté plainte contre X puisqu’il apparaît que le cadenas servant à fermer l’une des cages a été coupé. Cela n’enlève rien à l’ignominie qui consiste à enfermer des animaux foncièrement sauvages pour les dresser dans le but d’un amusement humain ; de nombreuses personnes physiques et morales espèrent que cet accident servira à changer la politique française sur ce point.

Petit fauve que je ne tenterai pas de dresser à monter bêtement sur un tabouret …

Sous couvert de protection animale, les cirques s’emploient à démontrer l’utilité de leurs activités. Il est vrai que faire passer un tigre dans un cerceau de feu ou monter un lion sur un tabouret permet leur préservation, c’est un fait attesté par tous les éthologues. Tant qu’à faire dans la novlangue et la déformation de pensées, autant autoriser à nouveau l’exportation de trophées d’éléphants dans le but avoué de mieux les protéger ? Ah, on me souffle dans l’oreillette que c’est déjà ce qu’à osé Donald Trump 1 avant de revenir sur sa décision face à la polémique qui n’a pas manquée de monter 2 .

La création de réserves naturelles, une meilleure législation sur le braconnage et une surveillance accrue des réserves sont de bien meilleures pistes que ces pseudos arguments qui ne prennent aucunement en compte le bien-être des individus.

L’excuse qui consiste à affirmer éveiller l’intérêt des gens en leur montrant ces grands fauves est plus que fallacieuse : on ne prend pas conscience de la beauté, de l’intelligence d’un animal en le voyant exécuter des tours stupides dans le but d’obtenir une récompense. Au contraire, il me semble qu’amener de jeunes enfants à voir ces animaux faire les pitres pour amuser la galerie est contre-productif : on les incite à penser que les animaux ne sont là pour nous distraire, qu’ils sont ainsi à la solde du bon vouloir humain. Comment espérer un éveil de la conscience en ce cas ?  Il faut cesser de considérer les animaux comme des créatures uniquement destinées à servir/amuser/nourrir l’Homme.
Je n’ai personnellement jamais mis un orteil dans un cirque. J’ai malgré moi aperçu à deux reprises des tigres en cage lors des passages de cirques dans mon village; le spectacle des fauves cloîtrés dans leur prison, sous les hauts-parleurs du camion qui ameutaient le village m’a serré le coeur. A part cela, si je n’ai jamais vu ces animaux en leur milieu naturel, j’ai pu en revanche me délecter des reportages animaliers passés sur toutes les chaînes pourvoyeuses de documentaires fascinants mais également dans les livres ou les reportages photographiques. Je ne ressens aucun manque à ne pas avoir vu en vrai ces animaux; je préfère ne jamais voir un lion de ma vie que d’en approcher un à vingt mètres, sous le chapiteau d’une toile de tente. Cela ne m’apportera rien sinon de la peine : quel intérêt de voir un animal sans l’observer agir selon son bon vouloir ?

Chaque animal tient foncièrement à la vie. A part en cas de profondes maladies physiques ou mentales – à l’instar des humains -, aucun animal ne se laissera mourir.
Le désir de vie est aussi puissant chez eux que chez nous : à partir de là, il n’est pas tenable d’affirmer que chaque animal doit avoir une utilité (de déplacement, de fonction nourricière, de compagnie, d’amusement …) ; sa vie en soi lui suffit.
Chez certaines espèces, la cohabitation se fait plus facilement. Dans le cas des chevaux et des chiens, par exemple, nous avons sélectionné depuis des siècles les individus aux caractères les plus aptes à vivre avec nous, c’est pourquoi ce sont des espèces qui côtoient facilement l’Homme (non que cela légitime pour autant la domination dont nous faisons preuve à leur égard).
Mais il suffit de prendre simplement le chat et on voit parfaitement qu’un très grand nombres d’individus pourraient parfaitement se passer de nous puisque certaines vont même jusqu’à choisir leur humain en changeant de maison voire en repassant simplement à la vie sauvage. Que dire alors des félins comme le tigre ? Comment imaginer une seule seconde qu’un animal purement sauvage – même élevé au biberon comme Mevy -, sans sélection préalable sur des décennies peut se satisfaire de vivre en communauté, en cage, sous les projecteurs, les cris et les applaudissements ? Même en travaillant selon les méthodes confort/inconfort pour faire admettre que la présence humaine est amicale, ils restent des fauves solitaires totalement inadaptés à la vie dans les cirques ou les zoos.

L’ami du jardinier, libre, toujours

Heureusement, de plus en plus de citoyen.ne.s, villes voire même pays prennent conscience de l’illégitimité de condamner ces fauves à vivre en cage. Ainsi, la Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas mais aussi la Colombie ont par exemple décidé d’exclure les animaux sauvages des cirques; la Bulgarie, la Croatie et la Grèce vont même encore plus loin en interdisant tous les animaux au sein des cirques3. Sur le site Cirques de France, la liste des pays interdisant totalement ou partiellement les animaux est actualisée régulièrement. Il est à noter que beaucoup de ces pays, comme le Mexique, le Panama ou la Bosnie Herzégovine, considérés parfois comme en retard sur la France ont une législation plus humaine sur ce domaine là.

Si la France est le pays des Droits de l’Homme, ceux des animaux sont encore difficiles à octroyer visiblement.
Est-ce pourtant si aberrant de demander à ce que leurs besoins fondamentaux soient respectés ?

1. 30 Millions d’Amis
2. RTL Actu
3.Vegactu

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