Crise d’Empathie – Les Parasites et l’actualité

Aujourd’hui, pas de proposition musicale puisque c’est un court métrage que je vous propose.

Accompagnement gustatif proposé : Salade Thaï

Il y a un peu plus d’un an, la chaîne YouTube des Parasites, a publié une vidéo baptisée Crise d’Empathie.

Ce court-métrage peut nous donner un aperçu glaçant de notre futur si nous nous basons sur les dernières actualités à propos du délit de solidarité, que ce soit avec Cédric Herrou ou des autres aidant.e.s moins ou pas médiatisé.e.s 1 2.

Nous sommes actuellement face à une crise majeure qui scinde la société en trois parties : celle pour qui la non-assistance à personne en danger, quelle que soit cette personne, est un délit; celle pour qui la solidarité envers les migrant.e.s (et autres) est un délit comme le montre notre Justice et celle qui hésite entre ces deux extrêmes ou qui s’en désintéresse.

La dystopie envisagée par Les Parasites ne paraît plus si lointaine au vu des récentes décisions rendues par la Justice. Dans une société matérialiste, où est considéré comme une perte de temps le fait de s’occuper d’autrui, il est évident que prendre une résolution comme s’occuper de celles et ceux qui souffrent n’est pas encline à plaire aux pouvoirs actuels. Pourquoi cela ? Tout simplement car si on conserve voire que l’on exacerbe notre côté humain, notre côté empathique, l’on prend le « risque » d’attacher moins d’importance à notre société consumériste. De cela, le libéralisme et le capitalisme n’en veulent point.  Si le capitalisme est basé sur un système où plus on possède, plus on veut posséder et plus on a de pouvoir, les personnes qui préfèrent donner – du temps, des ressources, de l’argent … – aux autres est considéré comme indésirable. Se préoccuper de soi-même, uniquement de cela, voilà ce qui peut plaire à notre système. Il faut avoir à l’esprit que, outre la xénophobie ou la peur de trouver de futurs djihadistes dans les rangs des réfugié.e.s, il me semble que les Etats craignent aussi un mouvement humanisme, décroissant, prônant le respect d’autrui et le partage de ressources. En ayant conscience de cela, nous pouvons alors aller plus loin : en cessant cette course à l’argent, à la possession de toutes choses et à l’accumulation de richesses, nous pouvons agir et faire pression sur l’Etat lui-même. Il est probable que ce soit également cette vision future qui fasse peur aux pouvoirs en place qui décident alors de punir celles et ceux qui en sont les fers de lance.

Selon d’où l’on se place, cela peut malgré tout nous donner un espoir sur notre avenir : si l’Etat peut craindre des tels engagements, c’est que ces derniers ont du poids. En songeant aux nombreuses voix qui s’élèvent contre ces condamnations jugées anti-constitutionnelles, en constatant que la Cagnotte créée par Cédric Herrou a dépassé de 315% son objectif initial alors qu’il reste encore plus d’un mois avant son échéance, en observant que des associations et des individus aident quotidiennement les autres, on peut alors imaginer un avenir plus égalitaire et humain. Encore faut-il que cela ne soit pas un instant passager mais qu’il s’inscrive dans la durée. De cela, nous sommes tou.te.s responsables, c’est un mouvement à prendre en main et à alimenter.

1. Béatrice Huret – Juin 2017
2. Quatre retraités – Juin 2017

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *