Ethique animale : lectures de Noël

Accompagnement musical proposé : Surprise Hotel – Fool’s Gold
Accompagnement gustatif proposé : Cookies meringués

Pour être aussi originale que tout le monde en cette période, à mon tour de proposer un petit panel de livres pour Noël ! Véganes, portant sur la cognition animale ou l’antispécisme, il me semble qu’ils ont tous eu un rôle à jouer dans l’évolution de ma vision du monde et j’espère qu’il en sera de même pour vous.

Inaya veille jalousement sur trois des quatre livres proposés ici !

En premier lieu, c’est le livre de AntigoneXXI, Planète Végane, qui est au top de ma liste. Cela fait maintenant quatre années que je lis régulièrement le blog d’Ophélie Véron et je suis chaque fois bluffée par sa manière de considérer le monde, tout en mise en perspective et compréhension. Au contraire de nombreuses personnes luttant pour les droits des animaux, Ophélie ne nous assène pas à chaque page une morale rigoriste à tenir ; au contraire, elle ne minimise aucun des efforts que chacun.e s’efforce de mettre en place au quotidien sans culpabiliser quiconque de n’être pas végane à 100%.
Planète Végane est une véritable mine d’or pour les personnes envisageant de changer d’alimentation et de mode de vie puisque Ophélie s’emploie, chapitre après chapitre, à démontrer que vivre en tant que végane dans un monde spéciste est possible. Que ce soit pour les premiers pas d’un.e jeune végane ou l’approfondissement des convictions, il fait parti des livres qui nous permettent de poursuivre sereinement nos combats individuels et collectifs sans un ton doctrinal.  Je recommande particulièrement le chapitre V, page 335 : il nous permet de ne pas baisser les bras face aux opinions carnistes auxquelles nous sommes confrontées en permanence mais surtout, il nous permet de comprendre par quels biais cognitifs nous pouvons manger de la viande tout en étant outré devant la maltraitance d’un chien en pleine rue. De plus, les pages sur la communication des véganes vis-à-vis des autres, sont extrêmement intéressantes et permettent de comprendre pourquoi vouloir absolument asséner son opinion sans tenir compte du vécu de la personne en face est illusoire voire contre-productif.

En somme, c’est un livre très accessible que j’aurais aimé lire beaucoup plus tôt. Je suis certaine qu’il permettra à beaucoup de gens de comprendre que le véganisme n’est pas qu’un « truc de bobo » mais qu’il est une idéologie empathique et nécessaire pour notre futur.

Pleine lune – Fontainebleau

 

L’autre découverte de ces derniers mois, c’est l’un des livres de Aymeric Caron : Antispéciste. Comme avec le précédent, j’aurais beaucoup aimé découvrir cet ouvrage avant. Il s’ouvre sur deux phrases qui permettent d’office de cadrer le thème et de désamorcer immédiatement les critiques des « véganes bisounours » : « Je n’aime pas les animaux. Je les respecte, tout simplement. ».
Deux phrases diablement simples mais du reste absolument vraies. On en revient par ailleurs à mon article précédent où je m’exprimais sur le fait que si on ne peut contrôler son empathie envers autrui (humains et animaux non-humains), on peut parfaitement étendre son respect à tous les êtres sensibles.
Aymeric Caron nous explique la genèse de ce mot puis décortique avec précision la manière dont notre société parvient à nous faire oublier que du jambon est avant tout un animal : publicité mensongère, reportages sur les éleveurs qui aiment tant les animaux que l’on oublie de raconter la fin de l’histoire (oui, ça plombe légèrement l’ambiance sinon), déculpabilisation permanente du massacre d’animaux pour notre plaisir sans justification vitale derrière … « Et en même temps », il plaide en faveur d’un renouveau du monde agricole et d’élevage : considérant qu’ils sont parmi les premières victimes d’une société capitaliste, spéciste et non adaptée à nos besoins fondamentaux. C’est aussi sur ce point que ce livre est nécessaire : il nous permet de voir précisément comment nous en sommes arrivés là avec des clefs pour en sortir …

Aymeric Caron insiste pour une refonte totale de notre modèle agricole afin de cesser de considérer les agriculteurs.trices comme des personnes corvéables à merci, (sur)vivant de subventions de la PAC, sans possibilité de s’affranchir d’un modèle trop vieux pour notre monde.
Outre ces réflexions sociétales, Aymeric Caron s’attaque également à d’autres enjeux majeurs et propose une écologie essentielle ainsi qu’une biodémocratie … Si ces termes là vous sont inconnus, il ne vous rester qu’à foncer acheter Antispéciste ! Vous ne serez certainement pas déçu.e, la réflexion continue bien longtemps après avoir refermé la dernière page.

Jardin Japonais – Courances

 

Toujours dans le registre animal mais plus nécessairement végane et antispéciste, Sommes-nous trop « bêtes » pour comprendre l’intelligence des animaux ?, de Frans de Waal est un ouvrage qu’il est urgent de répandre dans la société. Végane ou pas, aimant ou non les animaux, il nous permet de découvrir l’immense panel des capacités de leurs capacités au fil des découvertes que ses collègues et lui-même ont fait.
Test du miroir, empathie des singes envers les uns et les autres, utilisation d’outils, capacité de se projeter à plusieurs dizaines de minutes en avant, refrènement des pulsions, découverte de la culture animale, de leurs stratégies de pouvoir … Tant de capacités dont nous nous targuions jadis d’être les seuls à posséder ! Frans de Waal, primatologue et éthologue, ne nous ensevelit pas sous son savoir mais nous raconte avec passion ses découvertes au sujet des animaux. Nul besoin d’un bagage scientifique solide, il est si enthousiaste dans ses descriptions qu’il est aisé de se mettre à sa place pour s’émerveiller avec lui.

On ne peut refermer ce livre sans une phase intense de réflexion et de remise en question de nos actions de tous les jours. Il nous force à une remise en question importante à base de preuves scientifiques, d’expérimentations animales et d’observation en milieu sauvage des animaux.
Bien qu’il ne prône en aucun cas une idéologie végane, ce livre est à mes yeux une pépite qui doit trôner en bonne place dans toutes nos bibliothèques : plus nous en connaîtrons sur l’intelligence et la sensibilité animale, plus le véganisme sera accepté dans notre société. Frans de Waal nous remet gentiment à notre place de grands primates lors de notre lecture et ne cherche jamais à nous mettre en avant.

Avallon

 

Enfin, pour finir cette petite liste, c’est une bande dessinée que je conseille : Toxic Planet, de David Ratte. Existant en intégrale ou en trois volumes distincts, l’auteur dessine avec beaucoup d’humour noir une dystopie de notre monde : pollué par des fumées en permanence, peuplé de gens portant des masques même chez eux, amoncellement des déchets …. Sans que personne ne s’inquiète réellement de cela. On lit ainsi comment vivent des personnes si déconnectées du monde végétal et animal qu’elles ne savent même pas ce qu’étaient des forêts ou des pingouins. C’est réellement l’une des BD qui m’a fait le plus rire ces dernières années avec des gags parfois morbides mais tombant toujours au bon moment.

Si je le mets dans cette liste, c’est pour une bonne raison : en avançant dans l’histoire, nous nous sentons parfaitement éloignés des protagonistes et de leur monde. Or, certaines actions, principalement des politiques, décrites dans la BD nous ramènent brutalement à la réalité : c’est un monde que nous risquons de connaître un jour si nous continuons à foncer dans le mur ainsi (#MakeOurPlanetGreatAgain ne sert à rien si derrière aucune action n’est mise en place). Il agit ainsi comme un électrochoc et nous force à analyser nos actions sous l’angle environnemental. Le tout avec une bonne dose d’humour, c’est donc l’idéal pour terminer une soirée de Noël dans la bonne humeur !

 

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