Sur la route de … la décroissance #2

Accompagnement musical proposé : Fill her up ! – Sting

Accompagnement gustatif proposé : Tarte aux légumes

Nous avons pu classifier, en nous basant sur Épicure, les différents types de désirs.
Une fois le désir vain défini, il faut nous attacher à le reconnaître dans la vie quotidienne.

Prenons un exemple concret : Mme Vexin a une vie parfaitement acceptable, elle a des liens sociaux en plus de pouvoir satisfaire ses désirs naturels et nécessaires, a un travail épanouissant et une certaine aisance financière. Or, elle n’est pas heureuse. Elle semble avoir une addiction envers les voitures qui lui fait désirer toujours plus : la marque la plus chère, le dernier modèle, avec toutes les options proposées… Elle considère que sa situation actuelle serait grandement améliorée par l’acquisition de « la » voiture de ses rêves. Par un coup du destin, Mme Vexin gagne un jour une fortune, par le biais d’un ticket à gratter. Aussitôt, elle court s’acheter le dernier modèle de la voiture de James Bond, s’attendant à être enfin comblée … sans succès. Une fois l’euphorie de l’achat passée, elle se rend inconsciemment compte que ce n’est qu’un vulgaire amas de carrosserie, qu’elle va se forcer à admirer tout de même pour cacher le manque de bonheur que cela aurait dû – pense-t-elle – lui procurer. Rapidement, par le jeu des modèles toujours plus performants, sa voiture lui semblera fade et de la frustration causée par ce constat, naîtra un nouveau désir vain. De plus, même si elle restait satisfaite de son acquisition, ce n’est pas le genre d’acte capable de la faire accéder à une réelle plénitude puisque c’était un désir non naturel et non nécessaire. Il ne peut pas combler un manque puisque ce dernier a été créé par Mme Vexin elle-même et ne peut pas s’effacer par tel ou tel achat.

Peu de gens n’ont jamais connu ce style de désir. Même Diogène de Sinope avant d’élire domicile dans son tonneau, a dû rencontrer ces désirs, lui causant frustration voire haine à l’égard de celles et ceux qui possédaient ce qu’il n’avait pas.

D’où provient ce désir ?

La plupart des envies que nous avons chaque jour trouve sa source dans notre éducation, par la biais de notre entourage et par l’environnement dans lequel nous avons grandi. Avec les affiches publicitaires omniprésentes, affichant des corps considérés comme parfaits, des personnes connues s’affichant au volant de voitures flambant neuves, des publicités nous matraquant de clichés, il n’est pas anormal de connaître ces désirs non nécessaires. Néanmoins, si nous voulons éviter de nous laisser téléguider, il est important de prendre du recul sur nos façons de penser.

En réalité, ce n’est pas d’une voiture sportive d’une marque de luxe dont rêve Mme Vexin. Si elle s’interrogeait et se répondait honnêtement, il est probable qu’elle trouverait d’autres causes plus profondes et certainement plus désagréables à analyser. Lorsque l’on est pleinement satisfait.e de la vie que nous menons, nous n’avons pas de nécessité à afficher des preuves extérieures de richesse, notre richesse intérieure nous suffit. Si ce le réel bonheur est atteint, ce qu’Épicure appelle l’ataraxie – c’est-à-dire non pas une profusion de biens mais une absence de troubles – nul besoin d’accumuler des objets ou de se montrer envieu.x.se envers qui que ce soit.
Si l’on a des désirs non naturels et non nécessaires, c’est alors que notre bonheur n’est pas complet. A défaut de pouvoir acquérir tout ce que nous croyons vouloir, à nous de travailler sur notre vision de la relation aux désirs.

A suivre !

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