Voyager végane et zéro déchet ? On tente ! #2

Accompagnement musical proposé : Extralucide – Juniore
Accompagnement gustatif proposé : Crème de potimarron

Si être végane dans son environnement habituel est rapidement un acte assez naturel, il n’en est pas de même dès lors que l’on sort de sa zone de confort. A fortiori, lorsque l’on part en voyage, cela peut être déstabilisant ! Arriver dans un pays totalement inconnu dont on ne connait pas la langue à part un salut balbutiant est souvent source d’angoisse. Heureusement, s’il y a bien une chose universelle, c’est la magie du sourire qui aide fortement à la compréhension mutuelle !

Restaurant à Tallinn

En tant que végane, il faut savoir que dès lors que l’on va dans un pays situé plus au nord que la France, on est rarement déçu. L’Angleterre par exemple est un havre de bonheur ! L’Allemagne est également connue pour être très accueillante là-dessus. Quid des autres pays ?

Lorsque je suis partie pour l’Estonie, j’admets avoir été un peu inquiète sur ce point. J’avais dans la tête des images de déjeuners pantagruéliques à base de viandes en sauce et je ne me voyais guère manger des frites une semaine durant (enfin je dis ça …). Haro sur mes clichés, j’en ai été pour mes frais ! Alors que Tallinn n’est pas LA ville touristique de l’Europe, j’ai été très surprise d’y découvrir deux restaurants véganes. Tout deux très sympathiques, aux prix abordables et avec une carte très diversifiée, je ne peux que les recommander aux futurs visiteurs ! De plus, les Estoniens parlent très facilement l’anglais et ne semblent pas du tout incommodés par les touristes ce qui permet de demander sans problème des arrangements pour les repas en cas de besoin.

Tallinn est réellement un coup de cœur. C’est une ville dans laquelle j’ai hâte de retourner dès lors que les arbres seront en feuilles pour découvrir ses parcs et son bord de mer. Je n’y ai vu que des gens souriants, plaisants et ouverts. Malgré un côté assez touristique – beaucoup de boutiques de bijoux en ambres, des ruelles propices à la flânerie – Tallinn a su parfaitement conserver son authenticité ce qui en fait une destination idéale pour totalement déconnecter avec notre quotidien.

Vieille ville de Tallinn

Au contraire de celle-ci, il m’a semblé que Helsinki n’avait pas du tout ce côté familial et traditionnel. Pour une personne végane en revanche, c’est le paradis … A condition de pouvoir claquer 20 euros dans une simple soupe. Je n’y ai passé qu’une journée où j’ai préféré ne pas manger tant les prix me paraissaient hallucinants. Les restaurants véganes sont légions en revanche, ils ont pignon sur rue et semblent fréquentés par toute la frange de la population. Si j’imagine que le reste de la Finlande est très différent de Helsinki, il faut avouer que je ne rêve pas d’y retourner de sitôt, j’ai conservé une image assez froide et brute de la ville, avec d’immenses places sans âme. J’espère avoir la possibilité d’y retourner un jour, afin de randonner entre lacs et forêts pour changer ma vision du pays !

Helsinki

Le contraste a été flagrant lorsque je suis revenue à Tallinn par le ferry : je me suis sentie comme à la maison, quittant la grande ville pour arriver dans un petit village … De plus, en seulement vingt minutes de marche, le trajet du port jusqu’au centre-ville est plié ce qui ne donne aucune excuse pour ne pas emprunter le ferry pour tenter des excursions lointaines (Saint-Pétersbourg, Stockholm …) !

La dernière ville que j’ai visitée lors de cette semaine a été Berlin. Si je connaissais déjà Munich, la capitale était une vraie découverte ! Toujours pour le côté végane, je ne peux nier que c’est the place to be pour nous : entre les restaurants asiatiques par dizaines et les restaurants spécialisés dans le véganisme, il suffit de marcher quelques minutes pour trouver son bonheur. Ça change de Paris et encore plus du reste de la France où l’on doit bien souvent se contenter de haricots verts/frites. Certes, c’est mieux que rien mais c’est vrai que le choc est rude de retour là-bas !

Square à Berlin

Il me semble qu’en plus en Allemagne manger végane n’est absolument pas réservé à une certaine partie de la population (les « bobos » chez nous … ahem) : on y croise tous les genres de personne, ce qui est agréable et pousse à la réflexion sur l’implantation du véganisme en France. Ce n’est pas pour rien que certaines femmes véganes vont accoucher en Allemagne, là-bas les médecins sont bien plus ouverts et commencent à avoir l’habitude.

A part ce côté végane sympatoche, j’ai eu beaucoup de mal avec cette immense ville qu’est Berlin. La visiter seule n’était pas une si bonne idée que cela car elle vampirise beaucoup d’énergie. Contrairement à Paris où on peut trouver un petit café dans une rue piétonne très facilement, je n’en ai pas trouvé à Berlin – sauf dans le Kreutzberg. Le temps a beaucoup joué néanmoins je pense puisque je n’ai pas vu le soleil et que cela influence beaucoup le moral. En tout cas, si j’y retourne un jour, ce ne sera pas seule et probablement avec quelqu’un qui connait déjà cette ville pour éviter de m’y perdre.

Mur de Berlin

Petit aparté sur la vision de la femme que semblent avoir les habitants des différents villes citées ici … et en rapport avec la Tribune du Monde signée par entre autres Catherine Deneuve. Habillée strictement de la même manière entre Tallinn, Helsinki, Berlin et Paris, j’en tire le constat suivant :

  • En Estonie et en Finlande je n’ai pas eu un seul regard déplacé, une remarque ou un sifflement. Zéro.
  • A Berlin, je me suis fait aborder trois fois dès la première journée mais une simple dénégation de la tête et les hommes n’insistaient pas en me souhaitant bonne journée.
  • A Paris, ça a été plusieurs fois dans la journée et de manière rudement moins polie qu’en Allemagne.

Pourtant, nulle part je n’ai vu en Finlande ou en Estonie de zones différentes pour les deux genres, des couples existaient (si si !) et il n’y avait aucun malaise entre les hommes et les femmes. Contrairement à ce que prétendent de nombreuses personnes, éduquer les hommes afin qu’ils cessent d’opportuner (Nadine Morano©) les femmes dans les rues ne créera pas une société puritaine … mais simplement une société respectueuse des désirs et non désirs des uns et des autres.

 

A bon entendeur, salut !

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